A list of German TV shows about Elena Ferrante.
Literarisches Quartett, 26.8.2016
Literarisches Quartett, 26.8.2016
Elena Ferrante se cache sous un pseudonyme depuis la parution de son premier roman en 1992. Un mystère qui n’a pas empêché les quatre tomes de ses romans napolitains de se vendre à plus d’un million d’exemplaires dans 27 pays. Pour la France seule, où l’obsession Ferrante se propage principalement grâce au bouche à oreille entre lecteurs enthousiastes, 250 000 exemplaires pour le premier livre – des chiffres impressionnants pour une auteure étrangère et anonyme. Traduits et publiés par Gallimard, les troisième et quatrième tomes sortiront respectivement en janvier 2017 et 2018 au plus tard. N’ayant pas la patience de les attendre, beaucoup de lecteurs français les ont déjà lus en anglais ou en italien.
Si les romans ont eu tant de succès, c’est notamment parce qu’ils traitent d’un sujet délaissé par la littérature : l’amitié entre deux femmes. Elena Greco, la narratrice, nous raconte sa relation avec Lila Cerullo. Cinquante années pendant lesquelles les deux amies s’appuient l’une sur l’autre, se stimulent, s’adorent et se détestent. Tout ce qui les traverse est décrit avec la précision d’un cours d’anatomie – comme si tous leurs dialogues, enregistrés à l’époque, nous étaient restitués intacts.
On ne sait quasiment rien de l’auteur de la tétralogie napolitaine. L’écrivain répond à ses interviews exclusivement par e-mail, et continue de défendre son droit à rester incognito, voire à mentir. Ce mystère alimente de nombreuses rumeurs – très régulièrement, des gens pensent l’avoir identifié(e) – et génère une intense curiosité. Après avoir lu compulsivement les quatre tomes, le lecteur est tout seul, infiniment triste d’en rester là. Pour prolonger cette lecture, L’Obs est allé à Naples au printemps dernier, pour retrouver un à un les lieux de ces romans qui ont emporté tant d’entre nous.
Les deux amies sont nées dans un quartier qui est, avec quasi certitude, celui que vous voyez ci-dessus : le Rione Luzzatti. Elena Ferrante protège le lieu en ne le nommant jamais, mais elle a laissé dans ses livres des dizaines d’indices qui ont permis aux lecteurs napolitains de se mettre d’accord : les rails, un tunnel à trois bouches, l’église, la forme des immeubles… Tout concorde, c’est ici.
L’endroit ne ressemble pas à ce qu’on avait imaginé en lisant les romans depuis la France : il n’y a pas de ruelles et de vieilles pierres comme dans le centre-ville de Naples. Au lieu de ça, on trouve une série d’immeubles en béton anguleux construits après la Seconde Guerre mondiale. Une sorte de cité. Proche mais coupé du centre-ville, c’est un îlot dessiné par des rails de chemin de fer, des terrains vagues et une sorte de périph’. Le Vésuve n’est pas si loin, mais depuis les rues enclavées du Rione Luzzatti, il est absent.
Le quartier, pauvre, est connu pour être un lieu fréquenté par la Camorra. Dans les livres, cette violence est racontée. D’abord par Elena petite fille, qui la raconte sans la comprendre, d’autant plus que ce sont ses proches qui l’exercent. En grandissant, c’est de plus en plus clair pour elle : des assassinats et des affaires de drogue sont décrits sans complaisance.
Plusieurs passages des livres nous laissent penser que c’est ici, ou dans un ensemble voisin qu’Elena Ferrante installe ses deux personnages principaux. Dans la cour de leur enfance, au-delà de laquelle elles s’aventurent rarement et qui décuple les bruits, Lila et Elena entendent la folie d’une voisine ou le mafioso du troisième… Quand une famille déménage au milieu des hurlements, tout le monde est à sa fenêtre, un œil sur le drame, l’autre sur les voisins qui le regardent.
Elena Greco se décrit comme une petite fille scolaire et poussive. Moins douée que Lila Cerullo qui aurait une intelligence hors normes. C’est à la consommation de livres à la bibliothèque de leur quartier qu’elles se mesurent. Au Rione Luzzatti, on découvre un petit bâtiment gris aux fenêtres encombrées de barreaux. Coincé entre la rue et la voie ferrée, il pourrait passer pour un local de repos pour cheminots s’il n’y avait pas cette petite pancarte qui dit « Bibliothèque communale Andreoli ».
Le dernier livre que vous avez dévoré ?
Comme tout le monde, L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante. Je viens de terminer le tome 2, Le nouveau nom.

O Presidente elogia a obra, que está a ler, e diz que este tipo de leitura faz bem à classe política
Em dia de inauguração da Feira do Livro do Porto, nos jardins do Palácio de Cristal, o Presidente da República, Marcelo Rebelo de Sousa, recomendou ao primeiro-ministro, António Costa, e ao líder da oposição, Passos Coelho, a leitura da tetralogia da escritora Elena Ferrante A Amiga Genial, que “faz a história da Itália do pós-guerra até ao presente”.
Marcelo Rebelo de Sousa, que está actualmente a ler o terceiro volume desta obra, entende que este tipo de leitura melhora o “enriquecimento cultural” da classe política. “Primeiro porque não tem a ver directamente com a política e depois porque dá um retrato da evolução de uma relação entre duas amigas, e, no fundo, de uma geração, ao longo de décadas”, adiantou o Presidente. Depois de dar um cheirinho sobre o teor da obra, e porque o Governo está a preparar o próximo Orçamento do Estado (OE), o Presidente disse em tom de graça que os quatro volumes dão “para encher a execução orçamental de 2016, a preparação do OE para 2017 e, se forem muito lentos, o começo da execução do OE para 2017”.
Também no discurso que fez na inauguração da Feira do Livro Marcelo defendera a importância da dimensão cultural na governação, vincando ao mesmo tempo que a “falta de um universo cultural é uma limitação imensa para quem é servidor do povo”. “Eu não entendo que se possa ser governante sem se apostar na cultura”, atirou. E perante uma cidade que se ressentiu dos 12 anos (os três mandatos de Rui Rio) em que a Câmara do Porto e a Cultura não andaram de mãos dadas, Marcelo felicitou o actual presidente, Rui Moreira, por cumprir um compromisso assumido há três anos “que se traduzia na concretização desta feira do livro”. “Assumir compromissos é cartão de apresentação cívica de quem exerce actividades públicas”, destacou.
Antes, o próprio Rui Moreira salientara que em 2014 anunciou que a “Câmara Municipal do Porto iria assumir a organização da Feira do Livro pela primeira vez em mais de 80 anos, que esta teria um cunho cultural além do mercado do livro e que passaria a decorrer nos jardins do Palácio e Cristal”. A Feira do Livro do Porto termina no dia 18 de Setembro.




Nous savons très peu de choses de l’auteure napolitaine Elena Ferrante ou du moins ces quelques mots qu’elle adressa à son éditeur: «De tous vos écrivains, je serai celle qui vous importunera le moins. Je vous épargnerai jusqu’à ma présence». Ces quatres romans dont le fil conducteur est celui d’une amitié féminine dans le Naples des années soixante semblent s’émanciper de la nécessité d’un auteur.
La disparition comme point de départ de la tétralogie
On lit le deuxième volume de la tétralogie d’Elena Ferrante, inaugurée avec L’Amie prodigieuse, dans la crainte de manquer de patience avant que ne soient traduits les deux volumes manquants, « Ceux qui partent et ceux qui restent », et « Histoire de l’enfant perdu », à paraître eux aussi chez Gallimard. Sinon, il faudrait apprendre l’italien, enfin ! et surtout le dialecte napolitain, puisque c’est dans un quartier pauvre de Naples que se déroule cette saga romanesque addictive qui met en scène deux héroïnes nées en août 1944. Elena Greco, fille du portier de mairie et obsédée par la claudication de sa mère, est la narratrice de cette longue histoire commencée lorsqu’elle apprend que son amie Lina Cerrullo, qu’elle est la seule à appeler Lila, a disparu de Naples sans laisser de trace, à soixante-six ans. Lila, écolière brillante, a écrit à dix ans un récit intitulé « La Fée bleue », et a abandonné l’école après son examen de fin de primaire pour devenir cordonnière, comme son père et son frère.
Le premier volume est consacré à l’ « Enfance » des deux amies et se termine sur le mariage de Lila avec Stefano Carracci, fils de Don Achille devenu riche grâce au marché noir et à l’usure, et assassiné. On retrouve les deux héroïnes le soir du mariage à l’ouverture du deuxième volume, « Jeunesse ». Lila a seize ans, elle croit faire un mariage d’amour et se rend compte, au cœur de la fête, que Stefano pactise avec les Solara, une famille camorriste du quartier. Le récit de la nuit de noces est effrayant, comme toute la violence physique, sociale, verbale, politique qui traverse ce roman.
Elena fait des études brillantes. Après le lycée, elle est reçue à l’École Normale de Pise où elle fait l’expérience du déclassement social par le haut, doit corriger sa prononciation (elle qui depuis longtemps manie l’italien aussi bien que le dialecte), et affronter la violence de classes. Car ce roman, sans jamais rien perdre de sa chair et de sa substance, est nourri d’une réflexion sur la possibilité d’échapper à son milieu et de construire sa vie loin des déterminismes de tous ordres, en accédant à la liberté, sans doute encore plus difficile à atteindre pour les femmes. Il s’appuie sur la mémoire immense des humiliés, la honte sociale de ne jamais être à sa place.
Le récit d’une relation
Le récit est riche en péripéties, tromperies, ruptures, trahisons et retrouvailles. Le passage le plus sensuel, qui par certains côtés peut évoquer le lyrisme de Camus, se déroule à Ischia, où Lila doit prendre des bains de mer pour tomber plus facilement enceinte et tombe amoureuse de Nino Sarratore, qu’Elena aime en secret depuis l’enfance. Celle-ci leur permet d’échapper à toute surveillance pour passer une nuit ensemble. « Pendant un temps, tout me parut moins pénible : les mensonges, l’image de l’adultère en train de s’accomplir, ma complicité, et une jalousie qui n’arrivait pas à se fixer, puisque je me sentais jalouse tantôt de Lila qui se donnait à Nino et tantôt de Nino qui se donnait à Lila. » C’est bien la relation entre les deux femmes qui est au cœur de ce roman, elle se nourrit d’amitié, d’amour, de passion, de haine et constitue une énigme sans cesse remise en jeu. Cette relation passe aussi par l’écriture puisque Lila confie ses carnets à Elena (on laisse au lecteur le soin de découvrir ce qu’elle en fait). Elena reconnaîtra la dette qu’elle a envers « La Fée bleue », « ces dix feuilles de cahier avec une épingle rouillée, une couverture décorée de couleurs vives, un titre et pas même de signature ».
Le Nouveau Nom doit sans doute beaucoup aussi à ce récit d’une petite fille qui ne signe pas ce qu’elle a écrit, puisqu’Elena Ferrante est à peine un nom, au sens où personne, à part ses éditeurs italiens, ne sait qui se cache derrière ce pseudonyme : un homme ou une femme, un couple ? Toutes les suppositions sont permises et le secret est bien gardé. Ce qu’on sait c’est que ce nom de plume a été choisi en hommage à Elsa Morante (1912-1985), dont l’auteur, avec ou sans son masque, est tout à fait à la hauteur![]()

